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Bon vent!

Cordialement

Stéphane Benoit-Godet
Rédacteur en chef, Bilan
NUMÉRO 2 - DATE 27.03.08

Les hommes
Philippe Durr

Les bateaux
Les 6mJI

Les courses
qui font rêver
les navigateurs:
Le Spi-OuestFrance

Vidéo

Edito

La bise du mois de mars a parfois donné des airs marins à notre cher Léman. La température quasi polaire était toutefois dissuasive pour que quiconque s’aventure sur l’eau. Il faut dire que, comme la plupart des Helvètes, le navigateur, même passionné, passe plutôt ses week-ends d’hiver sur les pentes enneigées des Alpes que sur le lac.

Certains se consacrent néanmoins à la préparation de leur monture en vue d’une prochaine mise à l’eau. Ils se sont promis cette année de commencer la saison tôt, pour être fin prêts pour le Bol d’Or Mirabaud 2008.

A la veille de la reprise des entraînements, la Newsletter

du Bol d’Or Mirabaud vous propose de passer un moment avec le 7 fois vainqueur de l’épreuve, Philippe Durr. Son parcours et son palmarès ainsi que sa personnalité amicale en font un personnage apprécié à l’unanimité. Vous en saurez également un peu plus sur les 6mJI, joyaux de la jauge métrique, qui ont remporté le Bol 23 fois entre 1939 et 1967. Nous vous emmènerons finalement sous le crachin breton prendre quelques embruns salés pour le fameux Spi-Ouest France. Régate d’ouverture incontournable de la saison du bassin atlantique, le Spiouest réunit chaque année 500 voiliers habitables à La Trinité-sur-Mer.
 

Bol d'Or Mirabaud
Flèches
Vidéo:

Le parcours du Bol d’Or Mirabaud mesure 126 kilomètres (distance théorique passant par le chemin le plus court). Les concurrents réalisent néanmoins une route plus longue, leur chemin étant dicté par le vent et non pas par la distance. Ils doivent également louvoyer contre le vent par moments.

Le Bol d’Or Mirabaud a généralement lieu le 2e samedi de juin, le départ est donné à 9 h précises. Le meilleur temps de l’épreuve est de 5h01’51’’. Il a été réalisé par le Triga IV en 1994.

Flèche

Les hommes
du Bol d’Or Mirabaud:
Philippe Durr

Avec sept victoires au scratch sur le Bol d’Or, Philippe Durr est un des régatiers qui ont remporté le plus d’éditions. Il estime y avoir participé une quarantaine de fois, son baptême sur le parcours entre La Nautique et Le Bouveret date de 1964 à bord du 6MJI de son père. Il évoque volontiers cette époque où passer l’extrémité est du lac en début de nuit était monnaie courante. « Nous n’avions pas le droit de toucher au pâté en croûte que ma mère nous préparait avant d’avoir passé la mi-parcours», se souvient-il. L’eau a coulé sous les ponts depuis, et Philippe Durr s’est retrouvé par la suite sur des voiliers qui rentraient
à Genève avant la nuit.

Riche d’un palmarès à faire
pâlir la plupart des navigateurs du Léman et d’ailleurs, Philippe Durr détient onze titres de champion suisse, trois titres
de champion d’Europe ainsi que sept titres de champion du monde dans diverses classes. Constructeur de bateaux,
et surtout patron du chantier naval du Vieux-Port, le versoisien a construit plusieurs unités de prestige, comme le Gauloises de Pierre Fehlmann
et plusieurs versions des fameux multicoques Altaïr.

Philippe Durr est venu à la compétition en FireBall (dériveur en bois de l’époque), bateau sur lequel il a décroché son premier titre de champion suisse. Il s’est ensuite tourné vers des voiliers lestés, à bord desquels il a continué à briller.
Il considère que sa plus belle victoire est incontestablement

celle du championnat du
monde de 6mJI, obtenue à Cannes en 1985. La presse titrait alors: «Le Petit Poucet terrassa l’Ogre», l’ogre étant Tom Blackaller, maître de sa discipline en ces temps et détenteur de trois titres mondiaux.

Avec ses sept victoires sur
le Bol d’Or, Philippe Durr ne compte pas revenir sur cette course pour tenter de la gagner. «La victoire, je connais,
je suis maintenant passé à autre chose!» déclare-t-il.
«Je serais plus tenté de participer sur un bateau qui me rappelle mes premières années sur cette régate», ajoute-t-il avec un brin de nostalgie. Suivant également la voie
de la sagesse dans son univers professionnel, son chantier s’est spécialisé dans la restauration de vieux voiliers en bois.
Il s’est d’ailleurs distingué récemment en se voyant attribuer le prix de l’artisanat 2005 pour la rénovation du 5,5mJI Ballerina, le voilier qui remportait la médaille de bronze aux Jeux olympiques
de Rome en 1960 avec Louis Noverraz à la barre.



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Textes: Vincent Gillioz
© Photos:
Pages 1-2-3:
myimage.ch
Page 4:
Jérome Fouquet (Photographe Ouest France)
Flèche

Les bateaux
du Bol d’Or:
Les 6mJI

Les 6mJI, fleurons de la jauge internationale, ou jauge métrique, ont remporté le Bol d’Or 23 fois entre 1939 et 1967. Ils ont été définitivement détrônés par le 8mJI Le Tigre, puis finalement par les Toucans, qui révolutionnaient la flotte lémanique dès 1971.

La jauge métrique est née
en 1906, suite à une réunion
des différents clubs européens qui cherchaient à établir
un système commun pour encourager des régates internationales équitables. Littéralement appelés «six mètres jauge internationale», les 6mJI mesurent en fait près de 11m. Le chiffre affiché n’a rien à voir avec la longueur, mais il correspond au résultat d’une équation complexe qui intègre différents paramètres
de mesure, comme la longueur, le poids ou la surface vélique. Le dénominateur «mètre» exprime quant à lui que l’ensemble des données
est mesuré selon le système métrique, projet européen oblige.

Il existe des bateaux de jauge métrique entre 4 m et 24 m. Environ 2000 unités ont été construites dans les différentes tailles. Les 6mJI sont les plus nombreux, puisque environ 1500 voiliers ont été réalisés depuis l’apparition du système. Les 12mJI ont également eu leur heure de gloire comme bateaux de l’America’s Cup entre 1958 et 1987. Aujourd’hui, le 6mJI continue d’être un voilier réputé et apprécié par tous les yachtsmen du monde. Plus d’une centaine d’unités régatent régulièrement au niveau international. Les voiliers d’avant 1966 courent désormais dans un classement séparé des bateaux modernes, dont l’avantage de vitesse est trop flagrant pour être comparé aux anciens. Le 6mJI a toujours été très apprécié en Suisse, le titre de champion du monde que remportait Philippe Durr en 1985 ayant probablement renforcé cet engouement. Plus récemment, Bernard Haissly et son équipage de la Société nautique de Genève remportaient également le titre suprême à Cowes en 2007.


Spi-Ouest France
Fiche technique:

Date:Chaque année pendant le week-end de Pâques. Début des régates le Vendredi-Saint.

Lieu: La Trinité-sur-Mer (France, Bretagne, Morbihan)

Club: SNT (Société Nautique de La Trinité-Sur-Mer).

Parcours: Parcours en allers-retours dispatchés en trois zones de courses. Parcours côtier (de 12 à 20 milles) un des quatre jours de course, selon les conditions.

Types de bateaux: La course est ouverte aux monocoques lestés, monotypes ou jaugés IRC.

Nombre de participants:Limité à 500 voiliers.

Pour y participer: Ouverture des inscriptions lors du Salon nautique de Paris, au mois de décembre précédant l’année de la course. Droit de participation en fonction de la taille du bateau. Avis de course en information sur http://www.spi-ouestfrance.com.

Flèche

Les courses
qui font rêver
les navigateurs:
Le Spi-Ouest France

Le Spiouest, comme
l’appellent les initiés, est
le plus grand rassemblement
de monocoques habitables d’Europe. Affichée au calendrier depuis vingt-neuf ans,
la régate fête son trentième anniversaire cette année. Première grande course
de printemps pour la plupart des marins, le Spiouest est
la compétition où l’on remet
son classement à jour, celle
où on évalue la qualité
de sa préparation hivernale.

Crée en 1978 par Roger Lavialle, directeur général du journal Ouest-France, et Gilles Le Baud, responsable de la
SNT (Société Nautique de la Trinité-sur-Mer), le Spi-Ouest France est devenu au fil
des ans course de référence.
On y croise régulièrement
la crème de la voile de l’Hexagone. Certaines personnalités, comme notamment Frank Cammas, viennent couramment
participer à l’événement.

Pour beaucoup, La Trinité-sur-Mer est considérée comme la Mecque de la voile, et plusieurs coureurs sont basés dans le port morbihanais. Certains multicoques prestigieux ainsi que des 60 pieds IMOCA occupent fréquemment le bassin.

Il faut dire que le plan d’eau présente une configuration presque idéale pour pratiquer l’art de la régate. Protégé des vents dominants et de la houle associée à la presqu’île de Quiberon, les flux d’ouest garantissent généralement des conditions ventées à la zone. Les courants de marée, très présents aux abords du golfe du Morbihan, viennent agrémenter le jeu, pour qui sait les exploiter.

Sur l’eau, la lutte est toujours serrée sur les trois zones de courses qui accueillent les différentes classes, entre Hoedic et Houat. L’enjeu est de taille, puisque le skipper vainqueur de chaque catégorie, il y en a treize, reçoit son poids en huîtres, et en cartons de Muscadet.