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Stéphane Benoit-Godet
Rédacteur en chef, Bilan
DATE 19.09.08

Les hommes
Michel Vaucher

Les bateaux
Le Ventilo M2

Les courses
qui font rêver
les navigateurs:
La Centomiglia

Vidéo

Edito

Alors que la 70e édition du Bol d’Or Mirabaud présenté par Girard Perregaux est terminée depuis deux mois, la saison de voile bat son plein dans l’ensemble des clubs lémaniques. Entre les divers championnats, critériums, croisières, courses en solitaires ou d’endurance, les amateurs n’ont pas eu le temps de chômer et chacun a pu naviguer à son niveau, selon ses aspirations pendant tout l’été.

De l’autre côté de l’Atlantique, la cour suprême de New York a laissé entendre à la SNG que le conflit de l’America’s Cup s’achevait enfin. La joie a toutefois été de courte durée et le recours déposé quelques jours plus tard a remis la fête à une date ultérieure.

L’incertitude persiste donc quant au déroulement de la mythique régate, tant du point de vue du lieu que du type de bateau. Le monde de la voile international ne s’arrête pas pour autant de tourner, et les marins continuent de naviguer sur d’autres supports, en attendant qu’une décision définitive éclaircisse enfin l’avenir de la course. Les circuits de GP 42, RC 44, TP 52 et autres Extreme 40 gagnent en effet de plus en plus en visibilité et en niveau sportif, pour le plus grand bonheur des professionnels du domaine et des sponsors. La voile n’est définitivement plus un sport marginal, et malgré les déboires juridiques d’Alinghi, la Suisse et le Bol dOr Mirabaud contribuent largement à cet essor.
 

Bol d'Or Mirabaud
Flèches
Vidéo:

Deux autres régates romandes arborent le titre de «Bol d’Or» en plus du Bol d’Or Mirabaud. – Le Bol d’Or du lac de Neuchâtel, organisé par le Cercle de la voile de Grandson a lieu chaque année fin mai depuis vingt-deux ans et réunit une petite centaine de participants. – Le Bol d’Or du lac de Joux est quant à lui le rendez-vous incontournable des dériveurs de tout poil. Organisé par le Club nautique de la vallée de Joux depuis quarante-quatre ans, il regroupe régulièrement plus de 100 bateaux fin août.

Flèche

Les hommes
du Bol d’Or Mirabaud:
Michel Vaucher

Réputé pour son caractère bien trempé, Michel Vaucher fait partie des régatiers incontournables du Léman. Designer et associé de la Voilerie Gautier de Morges, il se distingue sur les podiums des régates régionales, nationales et internationales depuis deux décennies.

Son parcours vélique, relativement conventionnel, débute sur le voilier familial comme pour beaucoup de navigateurs. Il passe
ensuite à l’Optimist et au Laser, dériveurs auxquels le jeune régatier consacre l’essentiel de son temps libre.

Poursuivant son parcours, il rejoint différents équipages de lestés comme le Corel 45 ou le Melges 24, notamment pour
des championnats du monde. Le navigateur vaudois tente également une expérience de course au large, en s’engageant dans la Transat en double
AG2R Lorient – Saint-Barth avec Christian Wahl. Une rupture d’étai met malheureusement un terme à ce défi aux Açores.

Très actif pendant plusieurs années sur le circuit mondial
de Match Racing, il atteint l’excellent 38e rang au meilleur de son parcours. Grâce à ses compétences dans la discipline, il intègre à la fin des années 1990 l’équipe de Marc Pajot qui se présente comme challenger à la plus prestigieuse régate de match racing du monde, l’America’s Cup.

Il passe alors près d’un an à Auckland (Nouvelle-Zélande)

avec le Team Fast 2000, comme régleur de génois lors de la Coupe Louis Vuitton. Le succès du défi suisse est très mitigé, mais Michel Vaucher considère néanmoins cette expérience comme particulièrement enrichissante.

Confiant volontiers qu’il «n’aime pas perdre», il sait aussi que ce trait de caractère lui rend parfois la vie dure. La victoire n’est en effet pas toujours au rendez-vous et la gestion des déceptions n’est pas sa tasse de thé. Il trouve pourtant sa force et sa rage de vaincre
dans ce fonctionnement, qu’il a appris à mieux gérer avec le temps.

Quand on lui parle de son meilleur résultat, il évoque sa victoire aux trois Bols d’Or la même année (lac de Neuchâtel, lac de Joux et bien sûr lac Léman). «Même Russell Coutts ne l’a pas encore fait», déclare-t-il avec humour. Sa deuxième place au scratch et sa victoire en classe M2 du
Bol d’Or Mirabaud 2008 constituent sans aucun doute une nouvelle référence dans sa riche carrière.



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Textes: Vincent Gillioz
© PHOTOS
Page 1-3: ©cahitbahapars.com
Page 2:
Marc-Alain Zimmerli
Page 4: DIPAG Photo/Felice Calabro
Flèche

Les bateaux
du Bol d’Or Mirabaud:
Le Ventilo M2

Conçus en 2004, les premiers Ventilo M2 ont été mis à l’eau au printemps 2005. Légers
(420 kg), racés et relativement bon marché, ces catamarans haut de gamme ont su séduire les régatiers de tous horizons dès leur mise sur le marché. La naissance des Décision 35, un an plus tôt, a probablement joué un rôle déclencheur dans la genèse du projet. Les géants lémaniques restaient toutefois excessivement chers et du coup très élitistes, ce qui a motivé les initiateurs pour créer un bateau plus abordable.

Rodolphe Gautier, jeune avocat, membre du Cercle de la voile de la Société nautique de Genève et passionné de régate, a alors eu l’idée, avec Christian Favre, constructeur de bateaux, de créer une série high-tech, simple, performante et surtout fun. Trois mois de gestation et de développement plus tard, les deux compères proposaient le concept du Ventilo M2. Le résultat de l’étude financière faisait état d’un seuil de

rentabilité à partir du sixième bateau. Le carnet de commandes en comptait neuf quelques jours après la sortie du projet. Aujourd’hui, vingt-cinq unités strictement identiques participent au championnat qui se court sur deux lacs (Neuchâtel et Léman) et trois nouvelles commandes sont pratiquement signées. La plupart des unités sont transportées par hélicoptère entre les deux sites de régates. Le prix de base annoncé à CHF 100 000.– a été un peu dépassé. Il reste toutefois dans ces ordres de grandeur, donc assez attractif pour une bande de copains aisés et passionnés, profil type des propriétaires de M2. Avec sa deuxième place au Bol d’Or Mirabaud 2008, le Ventilo M2 a montré qu’un petit bateau pouvait faire la différence avec les gros, dans certaines conditions. Au-delà de la performance sportive, ce classement exceptionnel représente une vraie récompense pour tous ceux qui ont parié sur la réussite de ce projet audacieux.


La Centomiglia
Fiche technique:

Date:6 et 7 septembre 2008, 58e édition cette année

Lieux:Gargnano au bord du lac de Garde, Lombardie, Italie

Club: CVG / Circolo Vela Gargnano (Club du syndicat + 39 pour l’America’s Cup)

Parcours:Un aller-retour vers les deux extrémités nord et sud du lac depuis Gargnano qui est au centre. Deux autres parcours, un court et un moyen, sont également mis en place, pour les cruisers et les plus petit bateaux.

Types de bateaux:Tous les types de voiliers sont admis. Classement par classe ou rating selon le nombre. Les fameux Libera del Garda restent les voiliers les plus représentatifs de cet évènement. Les Asso 99, également typiques du lac de Garde, sont très représentés.

Nombre de participants:Environ 220 bateaux répartis en 20 classes différentes.

Pour y participer:Inscriptions entre 13 € et 25 € par mètre de longueur, selon la taille du voilier. Renseignement et avis de course sur www.centomiglia.it

Flèche

Les courses
qui font rêver
les navigateurs:
La Centomiglia

Plus ancienne régate d’Italie, la Centomiglia a lieu depuis cinquante-huit ans sur le lac de Garde. Considéré comme La Mecque de la voile par beaucoup d’amateurs, ce plan d’eau est effectivement mondialement réputé pour ses brises thermiques régulières et soutenues. De nombreux rendez-vous internationaux y ont d’ailleurs lieu, le dernier en date étant une manche du championnat des RC44, à Malcesine. Cette compétition réunissait des skippers tels que Russell Coutts, Sébastien Col ou encore Philippe Presti bien connu dans le monde de l’America’s Cup. Organisée par le prestigieux Circolo Vela Gargnano (CVG), la Centomiglia a vu passer, depuis sa première édition en 1951, les régatiers les plus célèbres. Sepp Hoess, champion du monde de Flying Dutchmann; Louis Noverraz, médaillé olympique à Mexico, Beppe Croce, ancien président de la Fédération internationale de voile, Pierre

Fehlmann vainqueur suisse de la Whitbread, ou encore le coureur au large australien Nick Moloney, ne sont que quelques exemples des amateurs de la Centomiglia.

Dix-sept voiliers prenaient le départ de la première édition, et comme pour le Bol d’Or, un 6mJI italien remportait l’épreuve. L’année suivante, c’est un Allemand qui montait sur la première marche du podium, la Centomiglia devenait du coup internationale. Au milieu des années 1970, les fameux Classe Libera du lac de Garde se distinguent du reste de la flotte. Avec leurs équipages de dix personnes pendues aux trapèzes, ils créent le Centomiglia Style qui s’est exporté sur d’autres compétitions pendant un temps, notamment le Bol d’Or.

Evènement majeur de la voile italienne, la Centomiglia est bien sûr également une grande fête nautique. Les équipages se déplacent des quatre coins de l’Europe pour y participer. La soirée de clôture est d’ailleurs réputée pour ne se terminer qu’au bout de la nuit.