Chers abonnés, chers partenaires,

Bilan est heureux de vous faire découvrir la newsletter du Bol d'Or Mirabaud présentée par Girard-Perregaux.

Vous pouvez également consulter les anciennes éditions (avec les vidéos) sur le site http://boldormirabaud.bilan.ch

Bon vent!

Cordialement

Stéphane Benoit-Godet
Rédacteur en chef, Bilan
DATE 28.01.09

Les hommes

Jean Psarofaghis

Les bateaux
Le Psaros 40

Les courses
qui font rêver
les navigateurs:

Sydney-Hobart

Vidéo

Edito

Pendant qu’une bonne partie des acteurs de la voile internationale discute des potentiels et des stratégies de développement de ce sport au World Yacht Racing Forum de Monaco, ceux qui sont en mer continuent d’apprécier les joies et les déboires de la course au large.

Les solitaires du Vendée Globe ont traversé des mers du Sud, impitoyables; les marins arrivés au Horn se comptent sur à peine plus que les doigts des deux mains. Alors que Michel Desjoyeaux caracole en tête depuis mi-décembre, Vincent Riou et Jean Le Cam ont dû renoncer à proximité du fameux rocher noir.

Neptune ne leur a pas accordé de droit de passage cette fois-ci,

c’est aussi le jeu du Vendée. La déception immense.De l’autre côté de la terre, entre Singapour et la mer de Chine; les équipages de la Volvo Ocean Race poursuivent la section asiatique de leur périple, en route pour Qingdao.L’étape doit rejoindre la ville chinoise en plein hiver. Elle est considérée comme la plus difficile de la course et pourrait être plus dure qu’un passage dans les 40e rugissants.Pour cette première newsletter 2009, en attendant la dissipation du stratus, nous vous invitons à passer quelques jours en Australie pour une grande classique, ainsi qu’aux côtés de Jean Psarofaghis et son Psaros 40, vainqueur du Bol de Vermeil en 2007.
 

Bol d'Or Mirabaud
Flèches
Vidéo:

Le Bol de Vermeil, qui récompense le premier monocoque à franchir la ligne d’arrivée a été mis en jeux en 1996; les multicoques ayant irrémédiablement pris le commandement de la course depuis 1982.

Comme le Bol d’Or, il doit être remporté 3 fois en 5 ans pour être conservé définitivement. ITA 92/Raffica, qui a gagné en 96/97 et 98 a acquis le trophée sans équivoque dès son lancement. Le Psaros 40 Tilt l’a également eu de justesse en gagnant les épreuves de 2002, 2004 et 2006.

Flèche

Les hommes
du Bol d’Or Mirabaud:
Jean Psarofaghis

Jean Psarofaghis confie sans complexe qu’il est le Poulidor
du Bol d’Or; éternel second de la mythique régate en monocoque.
En 2007, il brise toutefois le sort, et l’emporte enfin devant son poursuivant direct Tilt. Navigateur d’exception connu
et respecté sur tout le lac, Jean Psarofaghis est impliqué dans
la plupart des projets novateurs de l’histoire de la voile lémanique depuis une quarantaine d’années.

Originaire de Corsier-Port, Jean a passé une bonne partie
de son enfance au chantier naval éponyme, centre du monde nautique de Genève des années 1960.

Naviguant sur tout ce qu’il trouve, il est le gamin du chantier, connu de tous. Les propriétaires de 6mJi ou 5,5 m l’invitent occasionnellement pour une sortie, moments durant lesquels il apprend tout ce qu’il peut. A 13 ans, il construit son propre bateau, un Moucheron.
Conquis par cette expérience, il poursuit et retape un lacustre parallèlement à ses études d’ingénieur. C’est sur ce bateau
qu’il commencera à régater avec son père et son ami Yves Anselmetti.

Il attrape rapidement le virus de la compétition et se lance à plein temps dans la construction navale. En 1979, il installe son chantier «Transléman» dans ses nouveaux locaux de la Pallanterie. L’entreprise connaît un succès hors du commun et une centaine de voiliers, Toucans, 5,5 m, et autres prototypes sortent de ses

ateliers jusqu’en 1984, année où la société est vendue pour raison de santé.

Mais Jean s’ennuie rapidement hors du milieu nautique et il revient très vite vers la construction navale avec une structure un peu petite. Il travaille à optimiser les voiliers et sous-traite les travaux de gros œuvre.

Fin barreur, il continue à régater au plus haut niveau et
sa carrière est ponctuée de nombreux titres. Multiple champion suisse de Toucan et de 5,5mJI, il est également vice-champion du monde
dans cette classe. Toujours présent sur la ligne de
départ du Bol d’Or, il apprécie volontiers la Translémanique
en solitaire, a laquelle il n’hésite pas à participer avec son Psaros 40, qui requiert normalement 8 équipiers.

Son prochain objectif, c’est faire le parcours du Bol d’Or en
moins de 4 heures, sur son nouveau catamaran à foil. L’homme est déterminé, personne ne serait étonné de le voir réussir ce pari fou.



ImageImageImageImage
Photos:
© myimage.ch
© Rolex/Carlo Borlenghi
Textes:
© Vincent Gillioz
Flèche

Les bateaux
du Bol d’Or Mirabaud:
Le Psaros 40

Le Psaros 40 est un peu au monocoque lémanique ce que
le Décision 35 (newsletter n° 5) est au catamaran. Ce voilier hypersportif a en effet été conçu dans le même esprit que
son équivalent à plusieurs flotteurs; diminution des coûts
et monotypie.

Dans un contexte où l’hétérogénéité de la flotte des grands monocoques cassait l’intérêt de la régate – Les conditions de vents dictant
le potentiel vainqueur plutôt que les compétences de l’équipage –
Jean Psarofaghis et l’inséparable duo Schneiter-Firmenich
ont mandaté le cabinet Sebschmidt Architect Naval Sàrl,
fin 2001 pour imaginer une nouvelle unité capable de
remporter le Bol de Vermeil. Celle-ci devait être abordable
et produite en petite série. Après un premier tour d’horizon
du cahier des charges, le bureau constate que la maîtrise
des coûts impose une restriction de longueur à 40 pieds,
le prix apparaissant

comme exponentiel à la taille de la coque. «Nous devions donc imaginer un bateau plus puissant que le Taillevent II, le plus performant du moment, mais avec deux mètres de moins» explique le concepteur Sébastien Schmidt. Et d’ajouter: «Pour obtenir un moment de redressement équivalent, des solutions telles que quille mobile, dérives latérales et ballast sont vite apparues comme indispensables, nous y avons donc recouru, ce qui était une première sur le Léman.»Le chantier naval Psaros a pris en charge la construction en sous-traitant la production des coques en Italie chez le constructeur Maxi Dolphin. Le résultat fut probant, puisque le Tilt remportait le Bol de Vermeil 2002 alors qu’il avait été mis à l’eau quelques jours avant l’épreuve. Trois autres unités ont été construites après ces deux premiers bateaux, et même si Taillevent II a réussi à s’imposer de quatre petites minutes en 2003, les Psaros 40 ont gagné toutes les éditions qui ont suivi.


Sydney Hobart
Fiche technique:

Date: Départ le 26 décembre de chaque année depuis 1945

Lieux: Australie: Sydney, New South Wales et Hobart sur l’île de Tasmanie

Club: Cruising Yacht Club of Australia en collaboration avec le Royal Yacht Club of Tasmania

Parcours: 628 milles nautiques. Départ de la baie de Sydney, descente de la mer de Tasmanie, passage du détroit de Bass, de Tasman Island, traversée de Storm Bay puis remontée de Derwent River jusqu’au port historique de Hobart

Type de bateaux:Ouvert aux monocoques de 9 à 30 mètres. Classement IRC ou monotype

Nombre de participants: Un peu moins de cent depuis une dizaine d’années. 371 bateaux se présentaient exceptionnellement sur la ligne de départ en 1994 (50e édition)

Pour y participer:Inscription 530 $ australiens, plus 50 $ par équipier. Au moins la moitié de l’équipage doit justifier d’un stage de survie agréé par les autorités compétentes. Avis de course et renseignements sur www.cyca.com.au

Flèche

Les courses
qui font rêver
les navigateurs:
Sydney-Hobart

Ce n’est pas parce qu’elle se court en plein été austral que la Sydney-Hobart ressemble à une croisière dans les mers du Sud à la belle saison. La centaine de voiliers de 30 à 90 pieds qui quittent la capitale australienne le 26 décembre de chaque année savent qu’ils s’engagent dans des régions parfois très inhospitalières aux marins.

Son parcours emmène en effet les concurrents en mer de Tasmanie, dans le tristement célèbre détroit de Bass (où gisent des centaines d’épaves), et autour du cap Raoul et ses fameux tuyaux d’orgue, situé au-delà des 40e rugissants du Pacifique Sud. Le premier vainqueur de l’épreuve avait mis 6 jours et 14 heures pour rejoindre la principale ville de Tasmanie. Wild Oats XI n’a eu besoin que d’un jour et 18 heures pour faire le même trajet en 2005.

Aussi fascinante que son équivalent de l’hémisphère

Nord; le Fastnet (voir newsletter n° 1), la Sydney-Hobart a acquis son statut de course mythique tout au long d’une histoire tumultueuse et parfois dramatique. L’édition de 1984 avait vu près de 80% des concurrents abandonner, le bilan final se soldant par une disparition. En 1998, une tempête sévissant durant toute l’épreuve a coulé cinq voiliers. Cinquante-quatre personnes ont dû être secourues; six équipiers n’en sont jamais revenus.

Mais les amateurs ne doivent pas se fourvoyer, la Sydney-Hobart n’est pas un départ au casse-pipe et l’organisation impose des conditions de sécurité draconiennes aux candidats. Amateurs et professionnels, petits et grands bateaux doivent en effet justifier d’un équipement pointu ainsi que des qualifications appropriées à cette navigation extrême.

L’accueil à Hobart est aussi réputé pour les concurrents que le reste de l’épreuve, les forçats de la mer sont en effet fêtés comme on sait si bien le faire «Down Under».